Paul MacLean rappelle son cheminement comme entraîneur

mercredi, 28.11.2012 / 13 h 31 NHL.com

LNH.com publie périodiquement une série intitulée "Cinq questions avec…", une formule questions-réponses avec quelques-uns des principaux intervenants dans le hockey. Cette fois-ci : Paul MacLean, entraîneur des Sénateurs d’Ottawa.

Tous les amateurs connaissent bien sa moustache, mais connaissent-ils aussi bien l’homme qui se cache derrière?

L’entraîneur des Sénateurs d’Ottawa Paul MacLean a révélé sa moustache en 1981, quand il a obtenu un poste régulier avec les Jets de Winnipeg. Pendant 10 saisons, les sept premières avec les Jets, il a été un marqueur de 30 buts régulier et a même atteint le plateau des 40 en trois occasions.

Il a pris sa retraite à 32 ans et a rapidement obtenu un poste de dépisteur avec les Blues de St. Louis à la demande du directeur général Ron Caron. Il est rapidement passé au coaching et sa carrière l’a mené dans différentes villes de hockey mineur avec un arrêt à Phoenix comme adjoint à l’entraîneur des Coyotes en 1996-97. Il a fini par s’installer dans la LNH pour de bon et il y est toujours.

Il a lié sa destinée à Mike Babcock à Anaheim et l’a suivi à Detroit, où il a gagné une Coupe Stanley.

C’est l’an dernier qu’il a finalement eu la chance de devenir entraîneur-chef dans la LNH, 18 ans après s’être lancé dans le métier. Les Sénateurs n’ont pas regretté leur choix puisque MacLean a mené aux séries éliminatoires une équipe formée de plusieurs recrues que de nombreux experts voyaient comme une des pires de la ligue après qu’elle eut terminé au 13e rang de l’Association de l’Est la saison précédente.

MacLean a bien voulu discuter avec LNH.com de son cheminement de carrière, de sa philosophie comme entraîneur et, oui, de sa moustache.

Voici donc Cinq Questions avec… Paul MacLean:

Vous vous êtes joint aux Red Wings de Detroit qui comptaient sur Mike Babcock, Todd McLellan, Brad McCrimmon et Jim Bedard. Pouvez-vous expliquer comment toute expérience accumulée vous a aidé?

« Je pense que c’est l’expérience de gagner et les extraordinaires succès des Red Wings. Être deuxièmes ou ne pas gagner n’est pas acceptable pour eux. La fierté de gagner et de faire les choses de la bonne façon est ce qu’il y a de plus important qu’on peut retenir de cette organisation.

« J’imagine qu’il y a de la pression, mais bien faire les choses et trouver une façon de gagner sont une affaire de tous les jours. Seule la victoire compte, c’est ce que j’ai retenu de plus important de mon séjour là-bas.

« C’était formidable de travailler avec Mike, Todd et Brad. On gagne beaucoup d’expérience à fréquenter ces gars-là. Même chose avec Jim Bedard pour la façon de travailler avec les gardiens. Tout, à partir de M. [Mike] Ilitch [la propriétaire] a constitué une merveilleuse expérience et ce qu’elle m’a procuré, c’est la confiance, la confiance de savoir comment gagner. »

Vous avez pris une route tortueuse avec des emplois dans plusieurs villes de la Ligue Internationale et de la United Hockey League en plus d’avoir agi brièvement comme dépisteur. Qu’avez-vous appris de ces passages à Peoria, Kansas City et Quad City alors que vous tentiez de revenir dans la LNH?

« Je n’ai pas commencé comme entraîneur mais comme dépisteur et je suis arrivé dans le coaching en aidant Bob Plager à Peoria en 1991. J’ai ensuite été dépisteur pendant un an et demi puis j’ai demandé à Ron Caron de me confier le travail à Peoria. À ce moment je savais que je voulais être entraîneur et j’étais probablement meilleur derrière un banc que comme dépisteur.

« On a connu du succès, il y avait de bons joueurs dans l’organisation des Blues à cette époque et cela m’a donné le goût d’en faire plus. Aussi, pour être honnête, j’avais besoin de travail. J’ai joué dans les années 1980 et 90, il n’y avait pas tout l’argent d’aujourd’hui. J’avais trois enfants à l’école secondaire et à l’université.

« J’ai commencé à prendre de l’expérience et tous les arrêts que j’ai faits en ont ajouté tout en me faisant réaliser comment c’est un métier difficile et à quel point il fallait travailler fort. En même temps c’est une occupation très humble. Vous pouvez être très bon une année et pas du tout la saison suivante, et beaucoup de cela ne dépend pas de vous mais plutôt des circonstances.

« Et devenu entraîneur-chef dans la LNH, je réalise qu’il faut travailler encore plus fort pour y rester. Y parvenir n’est pas assez. La somme de travail qu’il faut abattre pour y demeurer et être fructueux est phénoménale. C’est ce que j’ai appris de mes différents arrêts. On pense que c’est vraiment difficile d’arriver jusqu’ici mais c’est encore plus difficile d’y rester. »

Vous avez amassé 673 points en 719 matchs avec les Jets, les Red Wings et les Blues, puis vous vous êtes retiré après 10 saisons à l’âge de 32 ans. Pourquoi ne pas avoir continué?

« Il y a 21 équipes avec des jeunes qui vous poussent dans le dos. On peut perdre un petit pas et tout d’un coup on veut un jeune joueur dans la formation. Vous avez 32 ans et vous ne pouvez plus livrer la marchandise. C’est aussi simple que ça. En 1990 j’ai marqué 34 buts à St. Louis et au mois de février suivant j’étais cuit. Cela a surtout à voir avec le fait qu’il y avait 21 équipes dans la ligue. C’était difficile de tenir le coup, c’est l’évolution du sport.

« L’important pour moi a été que Ron Caron et les Blues m’estiment suffisamment pour m ‘offrir un autre emploi. Cela m’a ouvert les yeux. J’avais trois enfants aux études et il fallait voir ce que nous allions faire. Vous croyez en vous comme athlète, mais cela vous procure une occasion de rester dans votre domaine et de voir si vous pouvez entreprendre une nouvelle carrière sans jouer. »

Une question pour l’entraîneur: si vous aviez votre formation idéale, celle qui vous permettrait de diriger une équipe exactement à votre goût, quel style prôneriez-vous?

« On patine rapidement, on utilise les 200 pieds et on tente d’emplir le filet. Une chose que j’ai apprise c’est que vous devez diriger une équipe en fonction des joueurs que vous avez, mais si j’avais l’équipe parfaite ce serait d’être rapide, d’utiliser les 200 pieds et d’essayer de marquer. Je pense qu’on a fait du bon travail pour atteindre cet objectif la saison dernière. Nous avons eu une grosse part de nos succès quand nous avons patiné. Nous avons terminé quatrièmes dans la ligue pour le nombre de buts marqués et nous aurions pu en marquer plus. Nous avons aussi eu de très belles séquences. »

Une question personnelle: la moustache, quand est-elle apparue et quelle est son histoire?

« J’ai toujours dit que ça datait de 1958 mais je pense que c’est un peu trop tôt. C’a commencé avec des copains à l’école secondaire qui demandaient si on osait ou non, puis c’est resté. Je crois que cela a débuté pendant une bonne période quand les choses allaient bien. On ne veut rien changer alors et la moustache n’y échappe pas. C’est parti de là et je n’ai jamais pensé à la raser. J’aime trop mon épouse pour ça. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter à: @drosennhl

Author: Dan Rosen | Journaliste Principal NHL.com

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