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À son retour dans la LNH, Ottawa a vécu des débuts inattendus suivis d’une saison de misère

mercredi, 03.10.2012 / 14 h 45 / Sénateurs d'Ottawa - En vedette
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Pour plusieurs la saison 1992-93 a été une des plus palpitantes de la longue et belle histoire de la Ligue nationale de hockey. Ce ne sont pas les moments mémorables qui ont manqué, avec l'arrivée de deux équipes d'expansion, la soudaine domination des joueurs européens, les exploits héroïques de Mario Lemieux, le tout couronné par la dernière conquête de la Coupe Stanley par le Canadien. À l'occasion du 20e anniversaire de cette remarquable saison, LNH.com reviendra tout au cours de l'année sur les moments les plus marquants en se demandant si ce ne fut pas en effet la plus grande de l'histoire de la LNH.

Si on vous disait que l’idée de faire revivre une équipe de la LNH à Ottawa était née autour d’une bière après un match entre amis, le croiriez-vous?

Le président des Sénateurs Cyril Leeder prétend que cette idée a germé en janvier 1988 d’une façon « typiquement canadienne », c’est-à-dire en prenant une bonne bière froide avec Bruce Firestone et Randy Sexton à l’aréna Lyons. Les trois étaient cadres supérieurs chez Terrace Investments, une société de promotion immobilière, et ils allaient bientôt transformer à jamais la scène sportive en Ontario.

« Nous prenions une bière dans le vestiaire », s’est souvenu Leeder, qui œuvre au sein de cette franchise depuis ses débuts. « Bruce a fait remarquer qu’il n’y avait pas eu d’expansion dans la ligue depuis un bon moment et qu’Ottawa devrait tenter d’obtenir une équipe lors de la prochaine expansion. Il a aussi ajouté que notre société devrait prendre les rênes de cette entreprise.

« Les deux années suivantes, nous avons travaillé d’arrache-pied pour soumettre notre candidature et pour amasser les fonds nécessaires pour supporter une équipe de hockey à Ottawa. »

Ottawa a obtenu sa franchise le 6 décembre 1990 et les nouveaux Sénateurs ont disputé leur première rencontre le 8 octobre 1992. Avec l’arrivée simultanée des Sénateurs et du Lightning de Tampa Bay, la LNH comptait désormais 24 formations.

Le processus de candidature et la première saison de la concession ont été parsemés de difficultés, mais ils ont permis d’établir les fondations de l’une des équipes les plus compétitives des années 2000. Les joueurs en fin de carrière de même que les recrues qui ont participé à cette aventure en conservent des souvenirs inoubliables.

Tout ce que Firestone, Leeder et Sexton avaient à faire, c’était de trouver les fonds nécessaires pour payer les frais d’expansion de 50 millions $. Pour souligner l’événement et pour évoquer la fierté et l’enthousiasme des habitants d’Ottawa, ils ont retenu les services d’une fanfare pour les accompagner lorsqu’ils ont soumis leur candidature à la réunion du Bureau des gouverneurs à Palm Beach, en Floride.

Alors que les représentants du groupe Terrace faisaient leur présentation, la fanfare du Service des incendies d’Ottawa a commencé à jouer à l’extérieur. La foule présente s’est esclaffée et l’histoire nous prouve que cette démonstration n’a pas empêché Ottawa d’obtenir une franchise de la LNH.

Bâtir l’espoir

La formation originale des Sénateurs d’Ottawa est née en 1883 et a évolué dans la LNH de 1917 à 1934. Hormis la saison des Nationals d’Ottawa dans l’Association mondiale de hockey en 1973-74, il n’y avait pas eu de hockey professionnel dans la capitale canadienne depuis.

Le groupe Terrace a été vite confronté à un défi de taille : les habitants de la ville appuyaient tous les Canadiens de Montréal ou les Maple Leafs de Toronto, deux des six équipes originales dotées d’une riche histoire. Et il ne fallait pas seulement convaincre la population de supporter une nouvelle équipe, il fallait également en convaincre les autorités gouvernementales.

Il n’y avait pas de place pour construire un amphithéâtre de la LNH dans la ville, alors il a fallu se tourner vers Kanata, à environ 25 kilomètres à l’ouest d’Ottawa. Les représentants du groupe Terrace ont dû faire des pieds et des mains pour convaincre les fidèles partisans du CH et des Leafs ainsi que le Bureau des gouverneurs de la LNH que le hockey professionnel pouvait prospérer à Ottawa.

« Nous n’avions pas d’amphithéâtre digne de la LNH à cette époque, a raconté Leeder. Nous avons dû concevoir un projet d’aréna comprenant un grand complexe et trouver une bonne équipe de professionnels, d’architectes et d’entrepreneurs pour le mener à terme. Il a fallu convaincre notre propre communauté que c’était possible. Il y avait quelques sceptiques lorsque nous en avons fait l’annonce, mais ils se sont vite ravisés et ç’a fait boule de neige. Il suffisait de rallier quelques personnes pour que toute la communauté nous appuie. »

Les amateurs de hockey ont accepté ce projet plus rapidement que les politiciens. L’amphithéâtre devait être construit sur des terres agricoles, ce qui exigeait un changement de zonage. La Ville de Kanata était d’accord, mais pas le gouvernement provincial. La première pelletée de terre a finalement été donnée en 1992, mais la Place Banque Scotia, appelée alors le Palladium, n’a pu accueillir les Sénateurs qu’à l’ouverture de la campagne 1994-95.

Les Sénateurs ont dû amorcer la saison 1992-93 au Centre municipal d’Ottawa, un aréna de 10 585 places qui héberge les 67’s d’Ottawa de la Ligue de hockey de l’Ontario depuis 1967. Cet amphithéâtre, où la majorité des sièges sont situés derrière les bancs des joueurs, était plus que convenable pour une formation junior, mais il faisait piètre figure comparativement aux autres arénas de la LNH.

« Il pouvait accueillir 10 000 personnes. On s’assoyait sur le banc et on contemplait des piliers de béton », a expliqué Rick Bowness, qui a dirigé les Sénateurs de 1992 à 1995 et qui est actuellement entraîneur adjoint chez les Canucks de Vancouver. « On n’avait pas l’impression d’être dans un aréna de la LNH. Tous les partisans étaient derrière nous. On pouvait les entendre, mais on savait très bien que ce n’était pas des installations dignes de la LNH. On ne pouvait pas faire mieux avec cet amphithéâtre. »

Au cours d’une saison inaugurale parsemée d’embûches et de déceptions, les Sénateurs offriront leur meilleure performance lors de leur premier match.

Des débuts mémorables

Dix victoires. Voilà ce que prédisaient certains experts pour les Sénateurs à leur première saison dans la LNH. Ils avaient visé juste : les Sénateurs ont conclu l’année avec une fiche de 10-70-4 pour surpasser de justesse le record de médiocrité des Capitals de Washington (21 points en 1974-75).

Cependant, les Sénateurs ont offert leur meilleure performance de la saison lors de la soirée d’ouverture à Ottawa face au Canadien. Les Montréalais comptaient les futurs membres du Temple de la renommée Patrick Roy et Denis Savard dans leurs rangs et ils venaient de remporter une victoire convaincante de 5-1 contre les Whalers de Hartford.

Neil Brady a inscrit le premier but de l’histoire de la nouvelle franchise lors d’un jeu de puissance au deuxième tiers et Sylvain Turgeon a marqué le but gagnant dans ce gain de 5-3 devant les éventuels champions de la Coupe Stanley.

« C’était une soirée spéciale, a affirmé Leeder. Nous n’étions pas convaincus que notre équipe serait de taille, mais les joueurs se sont défoncés pour battre Montréal à notre première partie. Peut-être n’étions-nous pas si mauvais, après tout? Nous avons toutefois perdu nos neuf rencontres suivantes. La soirée d’ouverture a donc été un moment spécial. »

Jamie Baker avait disputé sa première saison complète dans la LNH l’année précédente avec les Nordiques de Québec et il s’est joint aux Sénateurs juste avant l’ouverture du camp d’entraînement. Baker a grandi à Ottawa et son père détenait des billets de saison lors de l’unique campagne des Nationals dans l’AMH. Baker a récolté une mention d’aide lors de la victoire contre les Canadiens et ce match demeure l’un des plus beaux souvenirs de la carrière de cet ailier gauche qui a joué 404 parties dans la LNH.

« J’étais excité quelques jours avant la rencontre et un peu nerveux le matin du match », a admis Baker, qui est maintenant analyste à la radio des Sharks de San Jose. « Honnêtement, j’en avais des frissons. J’ai participé au match d’ouverture dans ma ville. Que dire de plus? Il fallait que je reste concentré et que je contrôle mes émotions pendant la partie. Tout le monde m’en parlait et il y avait beaucoup de sources de distraction. J’essayais de les éviter et de me concentrer sur la partie, mais c’était difficile.

« La cérémonie d’avant-match a duré une éternité, mais je n’ai toujours pas entendu de plus belle interprétation du Ô Canada. »

Avant la rencontre, la cérémonie a été plus flamboyante qu’un spectacle des Ice Capades. Il y a eu un numéro de patin artistique synchronisé, les bannières des coupes Stanley remportées par la première incarnation des Sénateurs ont été hissées au plafond et l’hymne national du Canada a été interprété par une jeune chanteuse de 18 ans, une certaine Alanis Morissette.

« Ce fut une nuit mémorable. C’était long, mais c’était pour notre équipe, a déclaré Bowness. On avait préparé tout notre personnel en leur disant qu’il y aurait beaucoup de distractions ce soir-là et que tout le monde devait être prêt. Ce fut une soirée d’ouverture extraordinaire. Un peu longue, mais ce n’était pas grave. Tout était si bien fait et si professionnel. Et de voir Alanis chanter pour nous au début de sa carrière professionnelle a été marquant pour plusieurs de nos joueurs aussi. »

« Je crois que cette nuit-là, plusieurs personnes ne savaient pas à quoi s’attendre, a ajouté Leeder. La plupart des habitants d’Ottawa étaient des partisans des Canadiens ou des Maple Leafs à l’époque. Je crois que nous sommes parvenus à en convertir plusieurs ce soir-là. Ils sont entrés en encourageant Montréal et ils sont partis en tant que partisans des Sénateurs. »

Baker n’est pas aussi catégorique sur ce point.

« On n’a pas converti beaucoup de monde cette année-là, a-t-il dit. Les partisans des Canadiens n’étaient pas encore prêts à abandonner leur équipe. »

L’effort y était

Personne ne peut le contredire, les Sénateurs ont été mauvais en 1992-93.

Après avoir vaincu les Canadiens, les Sénateurs ont subi neuf revers consécutifs avant de récolter un match nul de 2-2 contre les Sabres de Buffalo. Ils ont ensuite perdu 11 autres parties de suite avant de remporter leur deuxième victoire de la saison le 25 novembre. Ils se sont alors imposés par la marque de 3-1 devant les Devils du New Jersey à Ottawa.

Les Sénateurs ont enchaîné des séquences de 9, 11, 11, 8, 6 et 14 défaites et ils ont connu des séries de matchs sans victoire encore plus longue à une époque où les matchs nuls existaient encore. Il s’est écoulé 21 parties et 48 jours entre leur première victoire face aux Canadiens et leur deuxième contre les Devils. Au cours de cette période, ils ont accordé sept buts ou plus à sept reprises.

On peut difficilement blâmer les joueurs pour ces insuccès. Plusieurs d’entre eux avaient été réclamés lors du repêchage d’expansion de juin 1992. Les 21 équipes du circuit pouvaient alors protéger deux gardiens de but et 14 patineurs, alors que les Sharks de San Jose, qui s’étaient joints à la ligue la saison précédente, étaient exclus du processus. Ainsi, les Sénateurs et le Lightning se sont partagé les joueurs rejetés par les franchises établies de la LNH.

La saison allait si mal que lors d’une séance d’entraînement, un partisan du nom de Vincent Pun s’est présenté à l’aréna avec son équipement neuf pour donner un coup de main aux Sénateurs.

« Vincent Pun s’est présenté à la séance d’entraînement avec son équipement de hockey tout neuf et il est allé offrir ses services à Mike Peluso », a raconté Bruce Garrioch, qui couvre les activités des Sénateurs depuis leur retour. « Peluso lui a répondu qu’il pouvait se joindre à eux pour les aider. Il a revêtu son équipement et il a sauté sur la patinoire. Il ne savait même pas patiner. Après cinq minutes, Peluso est allé lui demander de partir sinon les séances d’entraînement seraient interdites au public à l’avenir. »

Ce fut une saison pénible, exténuante et parfois cruelle pour un groupe d’athlètes fiers de faire partie de l’élite de leur sport, mais qui n’ont goûté aux joies de la victoire que dix fois en six mois.

Or, la situation n’était pas aussi désespérée qu’elle en avait l’air. Tout le monde savait à quoi s’attendre avant de commencer la saison.

« Cette équipe était formée de plusieurs joueurs qui venaient des ligues mineures, a expliqué Baker. Je venais de percer dans la LNH. Il y avait aussi quelques vieux vétérans comme Brad Marsh, Laurie Boschman et Doug Smail et d’autres joueurs qui avaient beaucoup voyagé. L’année a été longue.

« Je me souviens que certains prédisaient que nous gagnerions huit ou dix matchs. Ça voulait dire qu’on devait gagner une partie sur huit. On a remporté notre premier match et dans la douche après la rencontre, le gardien Peter Sidorkiewicz et moi, on blaguait en disant qu’on avait fait notre boulot, on pouvait perdre les sept prochaines parties. Évidemment, on ne riait plus 16 matchs plus tard, alors qu’on enchaînait les défaites. On se demandait pourquoi on avait dit ça. On savait qu’on éprouverait des difficultés, mais pas à ce point. »

Garrioch se souvient d’un voyage à Boston au cours duquel l’équipe avait reçu une bonne correction… en dehors de la patinoire.

« Nous avions atterri à Boston et l’autobus était en panne. Nous avions donc pris le train de l’aéroport Logan jusqu’à l’hôtel, a raconté Garrioch. En voyant tout ce monde dans le train, un passager a demandé d’où nous venions. Quelqu’un a répondu “Ottawa”. Le passager a rétorqué : “Ottawa? Une ville superbe, mais une mauvaise équipe de hockey.” C’est alors que Darcy Loewen a dit : “C’est nous, l’équipe de hockey.”

« Ils avaient du caractère. Ils ne s’attendaient pas à gagner. Ils ont perdu souvent et ils l’ont bien pris. C’était de bonnes personnes. »

Les Sénateurs avaient beaucoup de difficulté à gagner à domicile et c’était pratiquement impossible sur la route. Ils ont établi un record de la LNH qui ne sera probablement jamais battu en perdant 38 matchs de suite à l’étranger. Au cours de cette séquence, ils n’ont disputé que deux prolongations. À une époque où aucun point n’était attribué pour une défaite en temps supplémentaire, les Sénateurs n’ont récolté aucun point sur les patinoires adverses pendant cette période.

Cette léthargie a pris fin à Long Island le 10 avril 1993. Boschman a inscrit un tour du chapeau et Sidorkiewicz a réalisé 43 arrêts pour permettre aux Sénateurs de vaincre les Islanders et d’ainsi mériter leur seule victoire à l’étranger de la saison.

Fidèles à leur réputation, les joueurs ne se sont pas laissé abattre par cette saison de misère et Boschman a célébré cette victoire comme s’ils avaient gagné la Coupe Stanley.

« Laurie Boschman était au milieu de tout le monde et il criait : “On s’en va à Disneyland! On s’en va à Disneyland!”, a ajouté Baker. Cette formation a toujours été solidaire. La saison a été difficile et les attentes n’étaient pas très élevées, mais les professionnels n’aiment pas perdre. On peut faire semblant de ne pas s’en faire, mais ça nous dérange beaucoup. L’année a été longue, mais personne n’a abandonné. On s’est amusé et on a travaillé fort même si on ne formait pas l’équipe la plus talentueuse.

« C’était pénible parfois. On a perdu beaucoup de matchs. Je me souviens avoir lu quelque chose qui disait qu’il y avait les colonnes des victoires et des défaites, mais il n’y en avait pas pour l’effort. On travaillait fort, mais quand on accumule les défaites et les nulles, les victoires sont très appréciées. La saison a été longue et ardue, mais c’était un bon groupe de personnes. »

Suivez Dave Lozo sur Twitter : @DaveLozo

Author: Dave Lozo | Journaliste LNH.com

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CLASSEMENT

SECTION ATLANTIQUE
  ÉQUIPE PJ V D Prol BP BC Pts
1 MTL 11 8 2 1 29 29 17
2 TBL 11 7 3 1 38 29 15
3 DET 10 6 2 2 27 21 14
4 OTT 9 5 2 2 26 22 12
5 BOS 12 6 6 0 32 30 12
6 TOR 10 5 4 1 29 26 11
7 FLA 8 3 2 3 12 17 9
8 BUF 11 2 8 1 13 36 5

STATS

SAISON 2014-2015
PATINEURS: PJ B A +/- Pts
C. MacArthur 9 5 3 2 8
E. Karlsson 9 3 5 -3 8
A. Chiasson 9 3 3 -4 6
B. Ryan 9 3 3 2 6
K. Turris 9 1 5 2 6
M. Stone 8 2 2 1 4
D. Legwand 9 2 2 2 4
C. Ceci 9 0 4 4 4
C. Neil 9 1 2 3 3
M. Michalek 9 1 2 1 3
 
GARDIENS: V D DP %Arr Moy
R. Lehner 3 0 1 .939 2.18
C. Anderson 2 2 1 .934 2.38